Qu'est-ce que l'agriculture paysanne ?

Souvent opposée à l’agriculture conventionnelle fortement dépendante des énergies fossiles (pétrole pour les tracteurs, gaz fossiles pour les engrais minéraux chimiques) et fortement fluctuante selon le marché mondial (prix dépendant fortement des bourses du monde), l’agriculture paysanne est un terme souvent employé et dont la définition n’est pas arrêtée étant donné la grande diversité des agricultures qui s’y rattachent. Il n’est pas question ici d’essayer d’en imposer une en particulier mais simplement de vous proposer quelques pistes de compréhension.
C’est une agriculture durable, dans le sens où elle veut répondre à des critères sociaux, économiques et environnementaux. Cette agriculture souhaite garantir une transparence dans les modes de production et de transformation des produits agricoles et vise le maintien de la qualité gustative et sanitaire des produits, comme établit par une charte de l’agriculture paysanne diffusée par des syndicats paysans :

L’agriculture paysanne fait notamment la promotion

  • D’un prix juste et équitable pour l’ensemble des acteurs,
  • D’une rémunération juste de la main d’œuvre,
  • D’une solidarité envers les paysans des autres régions du monde,
  • D’une valorisation des ressources et de l’économie des ressources rares,
  • De la préservation de la vie du sol et des écosystèmes,
  • D’une réflexion sur le long terme et de manière globale,
  • etc.

L’agriculture paysanne est également attachée au principe de souveraineté alimentaire tel que soutenu par Via campesina. Cette organisation internationale autonome et apolitique d’environ 200 millions de paysans, petits et moyens producteurs (www.viacampesina.org), a entre autre pour objectif d’inciter la souveraineté alimentaire des peuples. La souveraineté alimentaire, c’est le DROIT des peuples, des pays ou de groupes de pays à définir leurs politiques agricoles et alimentaires de manière autonome. La souveraineté alimentaire organise la production et la consommation alimentaire selon les besoins des communautés locales, en donnant la priorité à la production pour la consommation locale. Les petits producteurs doivent pouvoir avoir accès à la terre, à l’eau, aux semences, à des moyens de production et à des services publics adaptés. La souveraineté et la durabilité alimentaires doivent être prioritaires au sein des politiques commerciales.